Toutes les minutes comptent...

Après l’accident, on a transporté le patient à l’hôpital le plus près. Il est alors stabilisé pour assurer sa survie. Après avoir constaté l’ampleur des brûlures, le centre hospitalier communique avec l’Unité des grands brûlés du CHUM (Centre hospitalier de l’Université de Montréal) et le patient y est transféré. L’Unité des grands brûlés prodigue des soins médicaux spécialisés pour traiter les brûlures. C’est le premier arrêt au Centre d’expertise pour les personnes victimes de brûlures graves de l’Ouest du Québec.

Le Centre d’expertise basé à Montréal reçoit tous les patients brûlés provenant d’un centre hospitalier dans les régions administratives suivantes :

Estrie | Montréal | Outaouais | Abitibi-Témiscamingue | Nord-du-Québec, population autochtone | Laval | Lanaudière | Laurentides | Montérégie | Nunavut | Terre Crie de la Baie

  • Avoir 16 ans et plus;
  • Brûlures 2e degré: 10 % et + de la surface corporelle;
  • Brûlures 3e degré: 5 % et + de la surface corporelle;
  • Brûlures 2e ou 3e degré: main, visage, périnée, grosses articulations;
  • Brûlures par inhalation;
  • Brûlures chimiques;
  • Brûlures électriques incluant la foudre;
  • Brûlures circonférencielles des membres, thorax ou cou;
  • Polytraumatismes associés;
  • Pathologies associées complexifiant les soins des brûlures;
  • Réactions cutanées graves, telles que: l’épidermolyse, le syndrome de Steven Johnson; conditions autres nécessitant l’utilisation des ressources du Centre d’expertise (ex. engelures, cicatrices hypertrophiques secondaires, fasciite nécrosante).
  • Deux médecins sont appelés immédiatement pour évaluer le patient à son admission : un intensiviste (médecin en soins intensifs) et un plasticien.
  • L’intensiviste procède à une première intervention pour une prise en charge en cas d’une complication médicale menaçant la survie du patient. Il y pratique les premières interventions médicales nécessaires. Le taux de survie des victimes de brûlures admises dans un centre hospitalier au Québec est de plus de 98%.
  • On procède à un premier nettoyage des plaies. Le plasticien effectue alors une évaluation des brûlures et des soins nécessaires.
  • Une fois l’urgence passée, on conduit le patient à sa chambre. L’Unité comporte 9 lits tous équipés pour les soins intensifs. Interviendra selon les besoins par la suite l’ensemble de l’équipe interdisciplinaire:
    1. Personnel infirmier
    2. Ergothérapeute (travaille pour la meilleure cicatrisation possible de la peau et une autonomie suffisante pour retourner à la maison)
    3. Physiothérapeute (travaille à la mobilisation des membres et articulations pour que le patient puisse bouger de nouveau; crée des exercices pour la force musculaire du patient)
    4. Pharmacien
    5. Nutritionniste
    6. Travailleur social (lien avec les familles, les intervenants communautaires et instances gouvernementales; s’assure que le patient ait un logis au congé)
    7. Psychologue
    8. Psychiatre
    9. Préposé
    10. Orthophoniste

Types de soins possible:

Les brûlures graves nécessitent des soins précis et adaptés au type de blessure encouru. L'équipe médicale est parfaitement formée pour fournir les meilleurs soins selon les besoins.

  • On peut induire le patient dans une sédation profonde afin de contrôler la douleur et effectuer les premières interventions.
  • L’intensiviste supervise l’éveil. Le psychiatre peut être impliqué en cas de complications comme un épisode de délire, une angoisse aigüe ou une douleur mal contrôlée. Les proches ont souvent de la difficulté à comprendre un état de délire. L’épisode disparaît habituellement en l’espace de quelques jours.
  • Il est possible que les patients fassent des cauchemars en état de sédation profonde et en gardent des souvenirs très lucides. Si, en tant que patient, vous avez de la difficulté à comprendre ce qui s’est passé ou ce qui se produit à l’éveil, demandez le soutien du personnel (personnel infirmier, médecins, travailleur social, psychologue, psychiatre, intervenant Entraide Grands Brûlés).
  • Le personnel infirmier effectue quotidiennement le nettoyage des plaies et les pansements. Le changement de pansements peut être douloureux et une médication est prévue à cet effet. Le personnel infirmier fait aussi attention et s’applique à limiter la douleur.
  • Différents types de pansements utilisés et parfois on utilise un pansement à pression négative (aussi appelé V.A.C. où une machine est reliée au pansement avec un petit boyau et crée un vide pour favoriser la guérison).
  • Tout au long de cette période, différentes complications peuvent survenir (coeur, reins, etc.) et de nombreux spécialistes peuvent voir le patient dans ce cas. Dans certains cas, le patient peut alors se sentir découragé. Par contre, l’équipe trouvera une solution.
  • La majorité des greffes provient de la peau même du patient (autogreffes). On prélève une mince couche de peau non brûlée (site donneur) pour la greffer sur certains sites brûlés après avoir exciser les tissus dévitalisés. Les sites donneurs sont pour la plupart du temps douloureux, souvent plus que les sites de brûlures.
  • Il existe aussi les homogreffes (ou allogreffes) qui consistent en l’application d’une mince couche de peau fournie par Héma-Québec, prélevée sur un cadavre, pour permettre aux chirurgiens de faire une autogreffe. Cette greffe est temporaire et le corps la rejettera pour laisser place à une autogreffe.
  • Consulter la vidéo explicative : Guérison greffes et cicatrices >
  • Plusieurs autres techniques existent, dont les lambeaux et le relâchement des contractures (petites incisions aux cicatrices hypertrophiques qui limitent le mouvement) qui empêchent le libre mouvement des membres.
  • Dans le cas de brûlures plus profondes (électrisation et engelures), des amputations peuvent être nécessaires.
  • L’accident a possiblement causé un oedème au visage, aux oreilles ou aux jambes du patient. Cette enflure, accompagnée d’une rougeur à la peau, est normale. Elle disparaît en l’espace de quelques jours à quelques semaines. La rougeur et l’enflure peuvent aussi dénoter une infection. Une investigation est alors nécessaire.
  • D’importantes doses d’opiacés peuvent être nécessaires pour éviter de souffrir. Il est possible que les patients aient des difficultés de concentration ou qu’ils trouvent que l’effet soit trop prononcé. Les doses seront diminuées à mesure que l’état de santé s’améliore.
  • Une médication contre l’anxiété peut être prescrite pour aider à contrôler les impacts psychologiques nuisibles.
  • Les professionnels de la santé s’assurent d’éviter une dépendance à long terme.
  • Dans les jours suivant le réveil de la sédation profonde, le quotidien du patient sera transformé pour une assez longue période. Il a probablement connu un état de choc. Une impression d’irréel s’est imposée et il doit composer avec elle.
  • La réaction initiale peut inclure la peur, l’anxiété, la culpabilité, la colère, le découragement, l’euphorie de survie, un deuil, des souvenirs troublants ou le déni des conséquences. La victime de brûlures s’inquiète possiblement de son apparence, de comment reprendre ses activités, de la réaction de son(sa) conjoint(e), etc. L’état de ses finances et le bien-être de ses proches font probablement aussi partie de ses préoccupations. Il est normal de vivre ces émotions, face à cet inconnu, à cette nouvelle réalité. Les psychologues, travailleurs sociaux et intervenants d’Entraide Grands Brûlés soutiennent les victimes de brûlures et leurs proches afin de minimiser l’impact de l’hospitalisation.
  • Les proches ont d’énormes besoins à cette période: besoin de comprendre, besoin d’être rassurés, besoin d’être utiles. Ils sont une composante importante du rétablissement du patient. Il n’est pas rare de les voir s’épuiser à force d’effectuer trop de visites et de vivre un stress énorme. Les travailleurs sociaux et Entraide Grands Brûlés accompagnent les proches afin d’alléger le stress induit par les démarches à effectuer (assurances, employeur, assurance-chômage, IVAC, etc.) ainsi que pour les guider et les informer des étapes qui suivront. Les proches doivent garder à l’esprit que les démarches sont de longue haleine et qu’ils doivent conserver des forces à long terme pour pourvoir aider le mieux possible.
  • Un grand brûlé perd de la force musculaire en étant alité aussi longtemps. Il se peut qu’il ait de la difficulté à marcher, à se laver, à se nourrir ou même aller à la toilette.
  • Une première évaluation par le personnel d'ergothérapie et de physiothérapie permet d'identifier les structures musculaires et dermiques qui nécessiteront rapidement des traitements. Cette première évaluation peut se faire à l'occasion des soins intensifs.
  • Les traitements initiaux en ergothérapie et en physiothérapie aident les patients à retrouver un peu plus de force et d’autonomie afin d’obtenir un congé de l’hôpital.
  • La travailleuse sociale à l’Unité du CHUM rencontre les familles et patients afin de déterminer s’ils ont des besoins particuliers en ce moment de choc. L’analyse qu’elle en fera identifiera les démarches nécessaires pour réduire les facteurs de stress et répondre aux préoccupations que vivent les personnes touchées par l’accident. Elle travaille donc à déployer des solutions et stratégies afin que le patient et son environnement retrouvent un équilibre au niveau de leur fonctionnement social. Elle est également l’actrice privilégiée pour assurer les communications entre l’équipe de soins spécialisés aux brûlures et la famille.
  • Au besoin, elle pourra aider à compléter les démarches nécessaires pour régulariser leur situation financière et autres obligations, telles que de mettre à jour son dossier auprès de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), amorcer une demande d'indemnité auprès de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), de l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) ou autres.
  • La travailleuse sociale pourra également servir de personne ressource pour des références auprès de professionnels à l’intérieur du CHUM ou dans la communauté. Un des partenaires communautaires privilégié est Entraide Grands Brûlés qui peut fournir une aide financière pour de l’hébergement ou du transport, du matériel de soins non couvert par la RAMQ et un accompagnement personnalisé aux besoins du patient et de la famille.
  • Enfin, lors du congé de l’hôpital, lorsqu’un suivi est requis, elle transférera le dossier du patient à un professionnel de sa région ou à la travailleuse sociale de Villa Medica.
  • Entraide Grands Brûlés joue principalement un rôle de soutien auprès des familles des patients admis à l’Unité des grands brûlés du CHUM. Entraide Grands Brûlés leur fournit un hébergement et du soutien financier lorsqu’elles en ont besoin.
  • L’organisme apporte également beaucoup d’information aux familles et aux patients sur les brûlures et le cheminement habituel d’un grand brûlé. Les intervenants écoutent leurs inquiétudes et leurs questions, et ils réconfortent toutes les personnes touchées par cette immense épreuve.
  • Il est important de leur transmettre les coordonnées personnelles de chaque patient pour garder contact à long terme et éviter le plus possible les importants écueils que comporte la guérison des brûlures.
  • Les demandes des membres de familles et des patients aux professionnels des soins indiqués (ex. demande d’aide sociale acheminée à la travailleuse sociale).
  • Enfin, une rencontre entre chaque patient et un patient-ressource accompagnateur est organisée. Le patient-ressource, une personne qui a déjà traversé cette épreuve auparavant, apporte de l’espoir et une démystification de ce que signifie que d’être grand brûlé à plus long terme en racontant son récit et en répondant aux questions du patient.
  • Recevoir son congé de l’Unité peut être vécu comme une libération, mais c’est aussi un événement qui peut inquiéter les patients et les proches. Il est normal de vivre les deux émotions en même temps.
  • Les patients retournent à la maison si leurs plaies sont suffisamment guéries et s’ils sont suffisamment autonomes pour y vivre sans risque de se blesser (cuisiner en sécurité, prendre sa douche en sécurité, monter et descendre l’escalier en sécurité) ou même risquer de blesser un proche.
  • Les patients prendront le chemin de l’Hôpital de réadaptation Villa Medica s’ils ont de la difficulté à se déplacer, à bouger leurs membres facilement ou si leurs plaies et cicatrices nécessitent encore l’attention particulière d’un médecin.
  • Que ce soit pour aller à Villa Medica ou à la maison, tous les patients qui obtiennent leur congé auront besoin:
    1. de vêtements,
    2. de chaussures ou de bottes,
    3. d’un manteau et de mitaines s’il fait froid,
    4. d’un moyen de transport (famille, ami, taxi, autobus) si la personne retourne à la maison,
    5. S'il y a un transfert vers Villa Medica, tous les patients auront besoin d’apporter du savon, une brosse à dents, du déodorant, une fleur de douche (aussi appelée houppette, loofa ou éponge-filet) et quelques passe-temps.
Étape suivante: réadaptation